Je m'appelle Hana. J'ai 53 ans. Je suis née à Lyon, d'un père français et d'une mère japonaise originaire d'Uji, près de Kyoto. J'ai grandi entre deux cuisines : celle de Lyon, qui sentait le riz et le bouillon, et celle de ma grand-mère Haruko au Japon, où rien, jamais, ne partait à la poubelle.
Ma grand-mère a traversé les années de pénurie après la guerre. Elle comptait chaque poignée de riz, et pourtant personne n'a jamais quitté sa table le ventre vide. Mon grand-père gardait sous l'escalier une étagère de bocaux qu'il appelait « les jours d'avance ». Ma mère Keiko, elle, a nourri notre famille à Lyon pendant plus de trente ans avec un petit carnet de comptes, une liste de courses et un placard rangé comme une horloge.
« On ne remplit pas un placard en un jour. On le remplit un peu à chaque course, sans y penser, et un matin on s'aperçoit qu'on a tout ce qu'il faut. »
Pendant quinze ans, j'ai tenu un petit salon de thé japonais à Lyon. Dans un petit commerce, chaque ingrédient gaspillé se paie à la fin du mois, au moment du loyer. C'est là que j'ai compris que les habitudes de ma famille n'étaient pas de la simple tradition : c'était une façon intelligente de tenir, quand l'argent manque.
Au Japon, on appelle cela le Mottainai (もったいない) : le regret devant une chose gaspillée. Un grain de riz, une épluchure, un fond de sauce, une heure perdue.
Ce carnet réunit tout ce que ma famille m'a transmis, et tout ce que j'ai appris derrière mon comptoir. 49 chapitres, des recettes, des menus et des fiches à imprimer. Pas d'astuce miracle, pas de produit à acheter. Des gestes simples, répétés chaque semaine, qui font la différence au bout d'une année.
Tu n'as besoin de rien de spécial : tout commence avec ce qu'il y a déjà dans ta cuisine.